Se sentir en sécurité, c’est quoi au juste ?

Se sentir en sécurité est une sensation subjective qui dépend de plusieurs facteurs, à la fois physiques, émotionnels, sociaux et environnementaux.

C’est un sentiment qui donne un socle pour affronter les difficultés de la vie. Quand on se sent ancrer, aligné et en sécurité, cela facilite notre capacité à exprimer des émotions sans crainte, à créer des liens sécures, à apprendre et aussi à oser demander de l’aide.

“La sécurité n’est pas l’absence de peur, mais la certitude que l’on peut la traverser.” – Milton H. Erickson –

🔎 Un pilier de l’épanouissement humain et un levier thérapeutique – Cet article explore ce qu’il y a derrière ces mots « se sentir en sécurité« , comment ce sentiment influence la perception que nous avons de nous-même et du monde, et comment les outils de l’hypnose peuvent aider à consolider ce besoin essentiel.

-1- “Se sentir en sécurité”, c’est-à-dire ?

Dans la pyramide des besoins humains établie en 1943 par le psychologue Abraham Maslow*, la sécurité occupe une place fondamentale. Elle vient juste après les besoins physiologiques (manger, dormir, respirer) et avant l’appartenance, l’estime de soi et l’accomplissement personnel. D’après lui, c’est un besoin fondamental, un peu comme les fondations d’un logement. On consolide les éléments ancrés dans le sol avant de construire les étages supérieurs de la maison.

En thérapie et en hypnothérapie Ericksonienne, « la sécurité » n’est pas seulement un concept théorique c’est aussi une expérience vécue qui peut être restaurée, renforcée, voire reconstruite.

Se sentir en sécurité, c’est bien plus que l’absence de danger : c’est un équilibre entre protection, liberté et confiance, dans tous les aspects de la vie. C’est un sentiment global et subjectif qui englobent plusieurs dimensions et qui dépend autant de facteurs personnels (résilience, éducation) que de facteurs externes (politiques publiques, environnement, technologie). Ainsi on parle de :

  • Sécurité physique : savoir que son corps est protégé, avec un toit, de la nourriture, et des soins accessibles.
  • Sécurité émotionnelle : pouvoir exprimer ses émotions sans crainte de rejet ou de violence. Se sentir accepté·e tel·le qu’on est.
  • Sécurité psychologique : avoir confiance en sa capacité de faire face aux défis, sans être submergé·e par le doute voire l’anxiété.
  • Sécurité environnementale : évoluer dans un environnement stable, avec des relations fiables. (réseau familial, amical…)
  • Sécurité existentielle : sensation que notre vie a un sens, qu’on peut se projeter dans l’avenir sans crainte permanente.

Quand la sensation de sécurité fait défaut, tout notre être se sent plus ou moins en vigilance, plus ou moins « en mode survie ». Cela peut générer :

  • Des troubles du sommeil, troubles anxieux ou dépressifs ;
  • Une difficulté à prendre des décisions ;
  • Une peur de l’engagement (dans les relations, le travail, etc.) ;
  • Une sensation de « vide intérieur » avec une perte de sens.

-2– Comment nait ce sentiment d’insécurité ?

Le manque de sécurité peut avoir plusieurs origines, comme :

  • Des expériences passées qui ont pu être traumatisantes (agression, accident, deuil, ou lors d’une relation toxique, un licenciement brutal, etc.)
  • Un environnement instable avec une précarité (économique ou politique), une insécurité sociale ou même un entourage imprévisible.
  • Des schémas familiaux ou culturels où la peur était très présente ; ou d’avoir vécu dans le culte de la performance au détriment du bien-être.

Il n’est pas question de générer là un sentiment de culpabilité. Avant tout, rappelons-nous, que nous faisons au mieux, en sachant que la plupart du temps, notre cerveau cherche à donner du sens à ce qui nous arrive, quoiqu’il nous arrive, et que parfois nous ne sommes pas en capacité, n’avons pas accès ou manquons d’énergie, de force pour nous mettre en sécurité. Et c’est OK ! Le bienêtre n’est pas un objectif mais un chemin.

Comme disait Françoise Sagan : « il n’y a pas d’âge pour apprendre à vivre. On dirait même qu’on fait ça toute sa vie. Repartir. Recommencer. »

-3- Quand consulter ?

Quand la sensation d’insécurité :

  • Empêche d’avoir une vie sociale, de sortir de chez soi, de dormir, ou de travailler sereinement ;
  • Génère trop de croyances limitantes (« je n’y arriverai pas ») ;
  • Pousse à avoir des comportements toxiques (relations abusives, comportements compulsifs ou addictifs) ;
  • Fait douter en permanence de votre valeur et de vos compétences.

Un de ces exemples est un motif nécessaire pour se faire aider. Que ce soit par un·e hypnothérapeute, psychologue, thérapeute TCC, et/ou EMDR, ils et elles peuvent vous aider à vous libérer de ces schémas.

Comment savoir vers quel.le thérapeute ou vers quelle thérapie se tourner ? Pas toujours facile en effet… Vous pouvez lire les avis, demander conseil à votre généraliste, ou pourquoi pas solliciter le ou la praticienne pour avoir un appel avant la première séance ? Et si dès la première séance ou ce premier appel vous ne vous sentez pas en confiance, n’hésitez pas à changer de praticien.ne. Le lien thérapeutique est fondamental pour entreprendre un travail sur soi.

-4- La sécurité comme base de travail en hypnothérapie

Milton H. Erickson (1901–1980), psychiatre et père de l’hypnose ericksonienne, pensait que la sécurité intérieure et une bonne estime de soi sont deux concepts indissociables de la guérison et de l’épanouissement. Il partait du principe que toute personne possède en elle les ressources pour se soigner, mais que ces ressources sont souvent bloquées par :

  • Un sentiment d’insécurité chronique (lié à un trauma, une éducation rigide, ou des expériences de rejet répétées) ;
  • Une méfiance envers soi-même ou les autres, qui empêche l’accès aux ressources inconscientes.

Pour lui, restaurer la sensation de sécurité est le premier pas vers le soulagement. Sans elle, le ou la patiente reste en mode “survie” et ne peut pas aller réguler ses émotions ni explorer ses solutions internes.

Voilà ce que M. Erickson disait à ce sujet :

  • “La thérapie doit commencer par créer un sentiment de sécurité, car c’est seulement dans un état de calme que l’inconscient peut révéler ses ressources.”
    → Pour lui, l’hypnose n’est pas une technique de contrôle, mais un cadre sécurisant où les patient.es peuvent s’exprimer librement.
  • “Le-la thérapeute doit être comme un guide qui marche avec le patient dans l’obscurité, en tenant une lampe pour éclairer le chemin.”
    → Le rôle du thérapeute est d’accompagner sans imposer, en offrant une stabilité qui permet au patient·e de se sentir en confiance.
  • “La sécurité n’est pas l’absence de peur, mais la certitude que l’on peut la traverser.” → Pour lui, la sécurité intérieure n’est pas un état permanent, mais une confiance en sa capacité à gérer l’insécurité

-5- Comment l’hypnose ericksonienne peut aider ?

M. Erickson ne cherchait pas à “guérir” la peur de l’insécurité de manière définitive, mais à donner à ses patient·es les outils pour la traverser. Il disait : on ne supprime pas les ombres en les niant, mais en apprenant à marcher avec elles.”
→ La sécurité est un apprentissage continu, pas une destination.

M. Erickson refusait l’idée d’un thérapeute tout-puissant. Il pratiquait l’écoute active sans jugement et reformulait les propos de ses patient·es pour montrer qu’il les comprenait, même dans leurs contradictions. Pour lui, le ou la thérapeute est un.e guide qui s’appuie sur les ressources du patient·e plutôt que de lui imposer des solutions.

nous les praticien.nes en hypnose ericksonienne, tâchons de faire perdurer cette vision de la thérapie et avons en commun de nous inspirer de sa manière de pratiquer l’hypnose. Nous pensons que :
✅ Chaque personne a ses propres ressources, c’est à nous praticien.ne de nous adapter (et non l’inverse !) dans un climat sécure.
✅ La puissance de l’imagination est telle que , nous pouvons aider les personnes à entrer la part inconsciente pour libérer les blocages
✅ C’est la personne qui nous consulte qui a, sans le savoir, la solution. Nous sommes là pour l’accompagner en respectant son rythme. Parfois il y a besoin de peu de séance parfois il y a besoin d’un suivi plus long.
✅ Que les personnes qui viennent dans nos cabinets, vont au fur et à mesure des séances, retrouver de l’autonomie pour ne pas dépendre de leur thérapeute.

Fausses croyances en Hypnose

Note : Cet article est informatif et ne remplace pas un suivi thérapeutique professionnel. Si vous ressentez un manque de sécurité profond, n’hésitez pas à consulter un·e psychologue ou un·e hypnothérapeute ou à demander conseil à votre généraliste.


Par: Françoise Lefeuvre

Le: 11/6/2026